[Témoignage] Comment composter au Havre?
- lehavrezerodechet
- 18 avr. 2021
- 4 min de lecture
Des havrais ont accepté de nous témoigner leur expérience du compostage : chez soi ou à l'extérieur. De quoi vous inspirer non?
Merci à Julie, Marie et Pierre pour nous avoir partager leurs expériences.
Informations utiles :
Les interviews plus détaillé dessous!
Julie, 43 ans, habite dans une maison avec jardin. Ils sont 4 à la maison.
Quel type de compostage pratiques-tu ?
Lorsque j'ai déménagé dans une maison avec jardin, nous avons immédiatement fait la demande d'un composteur à la métropole. Depuis nous en avons acheté un deuxième pour pouvoir laisser le premier se décomposer tranquillement et utiliser l'autre. C'est donc ce qui doit être un compostage à chaud. On va en fabriquer un troisième avec du bois de récupération pour les déchets d'entretien du jardin un peu plus grossiers.
Depuis combien de temps compostes-tu ?
Depuis que c'est possible ! Lorsque j'habitais dans un appartement en centre-ville, j'emmenais à vélo mon seau de déchet dans un composteur collectif de square, mais qui n'est plus disponible il me semble. J'ai également eu un lombricomposteur, que j'ai eu un peu de mal à équilibrer mais qui était diablement efficace quand les conditions étaient réunies. J'avais à l'époque cherché s'il était possible de déposer mes déchets organiques chez un voisin propriétaire d'un composteur, mais sans succès. Quand je me déplace, pour un pique-nique ou des vacances, j'ai toujours une boîte ou un sac pour mes déchets compostables : on essaie de trouver des solutions à chaque fois pour que ça ne finisse pas à la poubelle.
Quels sont les avantages de composter pour toi ?
La satisfaction que des déchets n'aillent pas inutilement à l'incinérateur, qu'ils fassent vivre des centaines de petites bestioles et que le potager soit fertilisé naturellement. Et on adore soulever le couvercle pour regarder ce petit monde très vivant.
Y a-t-il des inconvénients, des contraintes ? As-tu rencontré des problèmes et comment y as-tu fait face ?
Je n'y vois que des avantages, mis à part un grand regret que le compostage ne soit pas accessible à tous et partout. Et un peu d'énervement quand j'entends des gens dire que ça sent mauvais ou que ça attire les rats....
C'est finalement avec le lombricomposteur que j'ai eu le plus de problèmes. Avec le recul, je me dis que j'aurais dû contacter l'association le Havre de vers pour avoir quelques conseils.
Qu'est-ce que tu pourrais dire aux gens qui veulent se lancer dans le compostage mais n'osent pas encore ?
Je dirais qu'il n'est nul besoin d'être un maître en la matière pour se lancer. Si on choisit un emplacement favorable et que l'on composte tout ce qu'il est possible de composter, en évitant la viande et les matières grasses, l'équilibre se trouve facilement. Bref, il suffit d'un composteur (fourni par la mairie, fabriqué maison ou acheté), de quelques coups de râteau pour ameublir la terre et favoriser les échanges et c'est parti !
Marie, 28 ans, dépose ses déchets organiques dans un compost collectif près de Massillon
J’ai 28 ans et j’habite avec mon cher et tendre en appartement dans le quartier de l’université. Nous avons la possibilité d’utiliser le composteur public situé au parc Massillon. Par le passé j’utilisais également d’autres composteurs publics situés dans le quartier de Saint-Vincent notamment. Je composte depuis maintenant cinq ans. J’ai commencé à la fin de mes études, alors que je revenais habiter chez mon père. Je ne supportais plus de voir la quantité de déchet crée par une famille de 7 personnes.
Pour moi jeter à la poubelle des épluchures qui seront ensuite détruites en utilisant de l’énergie va à l’encontre de l’intérêt de la planète. Le compostage s’inscrit dans le cycle naturel de la végétation. Le retour à la terre enrichit les sols ce qui permettra de subvenir aux besoins de petits animaux et de nouvelles plantes !
L’inconvénient des composteurs publics est principalement l’entretien et la formation des usagers. On y retrouve parfois des sacs plastiques censés être compostables qui ne se dégradent en réalité que très lentement. Par ailleurs, il y a trop peu de matière sèche dans ces composteurs de villes dans lesquels les usagers y déposent principalement leurs déchets de cuisine. Un compost trop humide nuit à la transformation des végétaux en humus. De plus il faudrait les mélanger pour les aérer de temps en temps, mais en ville peu de gens se déplacent avec une fourche. Il faudrait que la ville s’occupe de ses composteurs de villes en ajoutant des matières sèches (tontes d’herbe, coupes d’arbustes…) et viennent les entretenir de temps en temps.
Ce n’est pas toujours simple de composter dans un composteur public si celui-ci est loin de chez soi, il faut vraiment en avoir envie ! Nous pensons pour notre part nous lancer dans le lombricompostage, ce qui nous permettrait également de récupérer l’engrais pour les plantes de notre terrasse.
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